Une météorite lunaire à Cherbourg

Le 18 octobre 2019, vous avez été près d’une centaine à venir écouter la conférence de Sébastien Charnoz sur la formation de la Lune. Vous en avez profité pour observer et toucher la météorite lunaire qu’il avait apportée avec lui. Nous revenons ici sur cet objet original.

Les météorites qui tombent sur la Lune y forment des cratères et en arrachent des fragments qui deviennent à leur tour des météorites dont certaines peuvent tomber sur Terre. Les météorites lunaires trouvées sur Terre ont été éjectées de la Lune dans les derniers 20 millions d’années, et la plupart d’entre elles, depuis 100000 ans.

Celle qui vous a été présentée est classifiée sous le nom de code NWA 10782. Elle a été découverte dans la région d’Almabas près de la frontière entre le Maroc et l’Algérie en 2015. Elle a été achetée par Luc Labenne qui a reconnu que c’était une météorite lunaire.
Les images ci-dessous ont été réalisées à la Société des Sciences de Cherbourg, à l’aide d’un dispositif combinant plusieurs images à différentes mises au point ; elles nous permettent de visualiser les principaux constituants cette brèche lunaire, c’est-à-dire une roche contenant des éléments d’origine variée pris dans une matrice.

Météorite lunaire NWA 10782, présentée le 18 octobre 2019 lors de la conférence de Sébastien CHARNOZ (IPG Paris) sur la formation de la Lune

Les éléments clairs sont des fragments d’anorthosite, roche caractéristique de la croûte lunaire ; elle est constituée de feldspaths, essentiellement de l’anorthite (aluminosilicate calcique), avec quelques % d’albite (aluminosilicate sodique) et des traces d’orthose (aluminosilicate potassique).
La nature de la croûte lunaire prouve que la Lune est un objet différencié (les éléments les plus légers ont migré vers la surface pour former la croûte ; les plus denses vers la profondeur pour former le manteau et le noyau) à partir d’un océan de magma. Les anorthosites sont datées à 4,4 milliards d’années : ce sont les roches lunaires les plus primitives.
La matrice vitreuse sombre est de composition basaltique ; on y voit des pyroxènes noirs : forstérite (silicate magnésien) et wollastonite (silicate calcique).
Le basalte est caractéristique du manteau lunaire ; ce sont des épanchements basaltiques massifs qui ont comblé les grands bassins d’impact lunaires pour former les mers lunaires, ces grandes taches sombres bien visibles à l’œil nu à la pleine Lune.

Plus de détail ici : https://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=64077&fbclid=IwAR2RDG7WitWYhKQR5TyWtaS7VwYehkp8FSDX-5hNCRpBWdsQB6BTVE0Spvs

Conférence de Sébastien CHARNOZ « Formation de la Lune : ancienne question, nouveaux mystères », le 18 octobre 2019 au Centre culturel du Quasar

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *