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Eclipse partielle de Soleil du 12 août 2026

Le 12 août 2026, l’alignement parfait entre la Terre, la Lune et le Soleil offrira un spectacle rare : une éclipse totale de Soleil, observable uniquement depuis certaines régions du globe. Malheureusement, la France et donc Cherbourg ne font pas partie de ces régions. Toutefois, à Cherbourg, le Soleil sera occulté à 93,7% par la Lune au maximum de l’éclipse.
La dernière éclipse totale visible en Europe remonte à 1999 et la prochaine visible en France métropolitaine n’aura lieu qu’en 2081.

AVERTISSEMENT DE SECURITE
Il est particulièrement dangereux d’observer le Soleil sans protection adaptée. Pour rappel, la détérioration de la rétine est indolore et irréversible.
Pour l’observation visuelle, portez des lunettes spéciales Eclipse, portant la mention de conformité CE (directive européenne 89/686/CEE). On peut aussi utiliser des lunettes de soudeur (grade 4 ; transmission 1/100000). Même dans ces conditions, il est recommandé de limiter le temps d’observation à des séquences courtes (quelques minutes au maximum).
MECANISMES EN JEU PENDANT UNE ECLIPSE DE SOLEIL

Quand a lieu une éclipse de Soleil ?
Une éclipse solaire se produit lorsque le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés dans cet ordre. Vu depuis la Terre, le Soleil est alors totalement ou partiellement masqué par la Lune (Fig. 1). C’est alors la nouvelle Lune.
Comme le plan de l’orbite lunaire est incliné d’environ 5° sur le plan de l’écliptique, les éclipses de Soleil ne peuvent se produire que lorsque la Lune se trouve au voisinage des nœuds (ascendants ou descendants) de son orbite (Fig. 2). Si l’orbite lunaire était dans le même plan que l’orbite terrestre (l’écliptique), il y aurait une éclipse solaire à chaque nouvelle Lune.

Figure 1. Positions relatives du Soleil, de la Lune et de la Terre lors d’une éclipse de Soleil. Crédit BBC.
Figure 3. Le plan de l’orbite lunaire est incliné d’environ 5° sur le plan de l’écliptique de sorte qu’il n’y a pas d’éclipse à chaque lunaison. Crédit Stelvision.

Il y a éclipse de Soleil lorsque la Lune passe exactement entre la Terre et le Soleil. Ce dernier, 400 fois plus gros (1,4 millions de km de diamètre) que la Lune (environ 3500 km de diamètre) est aussi environ 400 fois plus éloigné (150 millions de km au lieu de 385 000 km). Les deux astres ont ainsi quasiment le même diamètre apparent vue de la Terre, de sorte que la Lune peut masquer le Soleil

Éclipse partielle, éclipse totale : explications
Les diamètres apparents respectifs des deux astres sont un des facteurs qui déterminent les conditions de déroulement de l’éclipse de Soleil :  Le diamètre apparent maximal du Soleil atteint 32,5′ quand la Terre est au périhélie. Il n’est que de 31,5′ quand la Terre est à l’aphélie. Le diamètre apparent maximal de la Lune atteint 33,5′ quand la Lune est au périhélie. Il n’est que de 29,3′ quand la Lune est à l’aphélie.

L’éclipse totale : Le Soleil est complètement occulté par la Lune. 
Une éclipse totale est un spectacle fascinant et rare. La couronne solaire, beaucoup moins lumineuse, devient visible pendant la totalité. La température baisse et la lumière du jour s’affaiblit fortement, laissant apparaître un horizon de crépuscule tout autour. Les étoiles et les planètes les plus brillantes apparaissent dans le ciel. Des protubérances solaires rouges, ces flammes immenses sur le bord du Soleil, deviennent visibles au jumelles et parfois à l’œil nu. Les extensions de la couronne solaire s’étendent parfois sur plusieurs diamètres solaires, quand le ciel est bien transparent et sans voile nuageux.
La durée du phénomène dépend de la taille relative de la Lune par rapport au Soleil. Si les deux sont identiques, la totalité ne dure que quelques secondes. Si la Lune est plus grosse, elle masquera le Soleil plus longtemps.

L’éclipse annulaire : La taille apparente de la Lune est légèrement inférieure à celle du Soleil qui apparaît comme un anneau très brillant entourant le disque lunaire. C’est également spectaculaire, mais complètement différent d’une vraie totale puisque la couronne solaire n’est pas visible dans ce cas.

L’éclipse partielle : lorsque les trajectoires ne sont pas alignées, ou que l’on se situe en dehors de la zone de totalité, alors on assiste à une éclipse partielle, dont le coefficient d’obscurcissement dépend de la distance à la ligne de totalité. Cela reste un spectacle intéressant et relativement rare. C’est l’occasion de voir les taches solaires et un croissant de Soleil, quand le coefficient est important.


L’ECLIPSE DU 12 AOUT 2026

Lors de cette éclipse, la bande de totalité traverse la côte nord de la Sibérie, l’Océan Arctique, le nord-est du Groënland, les côtes nord-ouest de l’Islande, l’Atlantique nord, le nord de l’Espagne et enfin, les îles Baléares. Le maximum de la totalité se situera dans l’Océan Atlantique nord (65°13’00″nord/25°13’36″ouest) et durera 2 min 18,7 s. L’idéal sera de se situer dans cette bande de totalité pour assister à ce magnifique spectacle qu’offre une éclipse totale de Soleil.
L’éclipse totale sera donc observable en fin de journée du Groenland à l’Espagne. La durée de totalité en Espagne variera entre 1 min 50s sur la côte atlantique à 1 min 40s sur la côte méditerranéenne, et 1 min 35s aux Baléares. L’éclipse commencera en fin d’après-midi, vers 19h30 pour le premier contact, et 20h27 pour le début de la totalité. Le Soleil sera bas sur l’horizon (de 4° à 10° selon l’endroit) ce qui nécessitera de s’installer sur un point haut bien dégagé vers l’Ouest.

En dehors de la bande de totalité, l’éclipse sera partielle sur une grande partie de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Elle sera de 93,7% à Cherbourg. La liste ci-dessous donne les coefficients pour plusieurs villes, et la hauteur du Soleil sur l’horizon. L’éclipse partielle sera particulièrement intéressante du fait du fort coefficient. Même dans le nord de l’Europe ou dans l’Ouest de l’Afrique, le coefficient sera l’un des plus importants depuis plusieurs décennies (84% à Stockholm, 75% à Tenerife, 47% à Dakar).

  • Bayonne : 99,1% / 7,3°

  • Alger : 99,1% / 0,4°

  • Toulouse : 97,7% / 5,4°

  • Bordeaux : 97,5% / 7,4°

  • Montpellier : 96,7% / 3,9°

  • La Rochelle : 96,6% / 8,4°

  • Brest : 96,5% / 11,6°

  • Marseille : 96,4% / 2,7°

  • Calvi : 96,1% / 0,2°

  • Nice : 95,4% / 1,8°

  • Lyon : 94,4% / 4,4°

  • Oran : 94,4% / 2,4°

  • Le Havre : 93,6% / 9,2°

  • Lausanne : 93,2% / 3,7°

  • Dijon : 93,1% / 5,2°

  • Paris : 93,1% / 7,6°

  • Besançon : 92,8% / 4,5°

  • Reims : 92,1% / 6,8°

  • Mulhouse : 92,0% / 4,0°

  • Lille : 91,3% / 8,0°

  • Strasbourg : 91,3% / 4,2°

  • Bruxelles : 91,0% / 7,4°

  • Rabat : 90,0% / 6,1°

  • Marrakech : 85,8% / 5,6°

On voit que le Soleil sera très bas sur l’horizon, de quoi faire de belles photos en choisissant un beau premier plan. Plus on sera à l’Ouest, plus haut sera le Soleil. Les lieux plus à l’Est pourront voir la phase partielle du début, parfois le début de la totalité, mais le Soleil se couchera avant la fin de l’éclipse. Par exemple, à Calvi, la totalité commencera juste avant le coucher, mais à Bastia le soleil sera déjà couché au moment de la totalité

Pour vous permettre de connaitre les détails  des conditions d’observation du site que vous aurez choisi, vous pouvez consulter le très bon site de Xavier Jubier – (ici centré sur Burgos) qui vous propose des cartes interactives.
Le site de Eclipsefan est également très bien fait. 

QUOI VOIR A CHERBOURG ET SES ENVIRONS

Au maximum de l’éclipse, 93,7% du disque solaire sera occulté. La progression classique des contacts se fera de l’ouest vers l’est sur le Soleil. Même sans totalité, plusieurs effets seront notables : Il y aura une diminution globale de l’éclairement, une faible baisse de la température, et une modification du comportement animal. 
L’éclipse partielle durera 1h49m15s à Cherbourg. Elle débutera à 19h20mn34s (heure légale), le Soleil étant à 19,43° de hauteur sur l’horizon. Le maximum sera atteint à 20h16mn46s, avec un soleil à 10,38° de hauteur sur l’horizon (soit un peu moins que la grosseur de votre poing tendu). la fin se produira à 21h09mn50s, le Soleil étant à 2,10° de hauteur sur l’horizon.

Aspect de l’éclipse de Soleil au moment du maximum à Cherbourg.

CONSEILS D’OBSERVATION

Si vous avez déjà essayé d’utiliser une loupe pour griller un bout de bois, vous savez que les rayons du Soleil sont très puissants. L’œil comporte une lentille qui focalise l’image sur la rétine, c’est donc une mini loupe, qui peut provoquer des dommages irréversibles à la rétine, pour qui regarde le Soleil directement.
Ne regardez le Soleil directement sans protection en aucun cas ! L’observation directe du Soleil s’avère très dangereuse pour les yeux et il faut impérativement respecter certaines règles de sécurité. La détérioration de la rétine et indolore et irréversible.
Seules les personnes situées dans la zone de totalité pourront regarder la phase totale sans lunettes, car la lumière du Soleil est, à ce moment, totalement masquée par la Lune.

Méthodes directes avec protection
Il n’existe que 2 dispositifs qui permettent de se protéger efficacement les yeux pour observer le Soleil en toute sécurité. Ne tentez pas les astuces que l’on trouve parfois sur Internet (vieilles radiographies, deux lunettes de soleil superposées, …) cela ne marche pas et c’est dangereux. On ne joue pas avec la sécurité !

  • Des lunettes spéciales éclipse certifiées ISO 12312-2, pas trop vieilles, car elles on pu être abimées; leur capacités filtrantes ont pu diminuer.

  • des verres de soudeur grade 14, pas moins !

Si on utilise un un instrument (jumelle, lunette, télescope), son objectif devra être impérativement recouvert par un filtre solaire : feuille de mylar ou filtre en verre. N’utiliser jamais un filtre solaire qui se fixe derrière l’oculaire. 

 
Méthodes indirectes d’observation

  • par projection avec un instrument : avec une lunette, un télescope ou même une paire de jumelles sur un support fixe, on peut projeter l’image du Soleil sur une surface blanche (attention au risque de surchauffe de matériel …). En 1999, à l’occasion de la dernière éclipse solaire totale visible en France, le GAQ a produit et distribué le SPINOSA (Système de Projection pour l’INitiation de l’Observation du Soleil Actif). Il permet de projeter une image du soleil qui peut être observée facilement en groupe.

  • par projection par Sténopé : on fait un trou d’aiguille dans un carton et l’image du Soleil est projetée sur une feuille blanche ou sur un mur blanc ; pour améliorer le contraste, on peut aussi construire une boîte à sténopé ou boîte à éclipse solaire. Pensez à observer l’image du Soleil projetée au sol ou sur un mur à travers les feuilles des arbres, une passoire, un couscoussier…


CONSEILS DE PHOTOGRAPHIE

L’éclipse ayant lieu au coucher de Soleil, il sera intéressant d’installer un appareil photo sur un trépied, avec un objectif standard ou un téléobjectif (idéalement 135 à 300 mm), évidemment protégé par un filtre solaire adapté au diamètre de l’objectif. On trouve des filtres, soit en feuille A4 (AstroSolar Foto OD 3.8) à monter soi-même sur un support en carton, soit des filtres tout montés qui se fixent sur l’objectif avec 3 pions en caoutchouc (Baader AstroSolar ASSF).
L’idéal est de disposer d’une petite monture équatoriale motorisée pour suivre le Soleil et compenser la rotation de la Terre. Cela permet d’éviter de devoir recentrer le Soleil dans le champ de l’appareil photo, au risque de louper la courte totalité. La monture StarAdventurer (à gauche sur les images ci dessous) est parfaite pour le voyage et peut accueillir un système photo et une petite lunette. La monture SolarQuest (à droite sur les images ci dessous) est spécifiquement dédiée au solaire et comporte un capteur qui permet le pointage et le suivi automatique du Soleil.

On baissera la sensibilité à 100 ISO et pendant la phase partielle, on prendra des photos avec une vitesse élevée (1/200 à 1/1000) en fermant le diaphragme autour de f/8 à f/11. Au moment de la totalité (si vous êtes dans la zone adéquate), il faut retirer le filtre et prendre des poses de 1/100 à 1s à f/5.6. Les différentes expositions permettent de mettre en évidence différentes parties de la couronne solaire. A la fin de la totalité, il faut évidemment remettre le filtre, pour la seconde phase partielle.
Pour éviter les vibrations au moment du déclenchement, il vaut mieux utiliser le retardateur intégré ou une télécommande qui permet de programmer des déclenchements à intervalle régulier.
Avec un objectif à grand champ (14 à 35 mm) monté sur pied fixe, on peut réaliser un « chapelet » qui montre toutes les phases en une seule photo, par superposition de photos prises toutes les 5 minutes avec le filtre solaire pendant la phase partielle, puis sans filtre pendant la totalité. La superposition se fait au post-traitement.

Eclipse solaire totale du 11 août 1999 – Crédit Luc Viatour